Stage PS1 dans le LOT
RÉCIT SUBJECTIF - STAGE PS1 - LOT - 11/12/13 Oct 2024
Jour 1 - Landenouse avec Sébastien
Nous arrivons sur site, déjà bien occupé par plusieurs autres plongeurs très sympathiques. La météo est maussade, mais l'espoir est là pour du ciel bleu. Jean Pierre Stefanato restera en surface pour tout le week end à cause d’une otite …
Nous commençons à préparer le matériel. Je suis alors rassuré de m'être formé au Sidemount avant ce stage, car je vois certains de mes collègues se préparer pour la première fois en SM, qui plus est avec du matériel de prêt… je ne pense pas que j'aurais personnellement été capable de faire ma première sout' avec, en plus, une configuration que je ne connaissais pas… bravo à eux.
Pour la première plongée, les instructions sont claires : "ne pas lâcher le fil". À chaque jonction, dépassement par un collègue ou croisement avec d'autres plongeurs allant dans le sens opposé, "ne pas lâcher le fil".

Après une descente progressive et le passage d'une restriction "cool", on descend jusqu'à 18 m environ pour entamer la progression dans la galerie. L'eau est à 14 degrés, ni trop chaud ni trop froid. Pas trop le temps ni l'esprit de regarder le paysage, mon regard ne se porte que sur le fil, je ne le lâche ni des doigts ni des yeux. Mon binôme Ludo accroche son manomètre droit dans le fil. Voyant le souci, je m'approche de lui pour le démêler, mais il s'en sort avant même que je m'en occupe, les pompiers sont réactifs.
Le demi-tour se passe vers les 120/130 m. Le retour se passe bien avec des dépassements de binômes, de la communication à la lumière, que du bonheur... Le temps de sortir de la vasque, le ciel est passé de gris à bleu, le vœu a été exaucé. Une petite pause déjeuner, et nous repartons dans le trou pour une deuxième plongée plus cool, et plus dans la visite. Je ressens à un moment ma lampe qui pendouille à ma main droite forcer sur le fil. J'y regarde de plus près et me rends compte qu'elle est sacrément emmêlée, ce qui m'oblige à me concentrer pour désemmeler. Sébastien me confiera à l'apéro le soir même que c'est lui qui l'avait délibérément emmêlée… sacré formateur ! Sur le retour, nous restons dans la vasque 5 minutes en autonomie pour regarder la vie et la roche.
Superbe journée, magnifique découverte. Demain, on passe aux choses sérieuses.
Jour 2 - Font del Truffe avec Sébastien
Suite aux aléas météo, Jean-Pierre et Sébastien décident de concert de nous emmener à Font Del Truffe, cavité pour le moins un peu moins accessible que Landenouse en voiture. Les petits chemins caillouteux ont eu raison du pneu arrière gauche de mon Duster… commencer la journée par un changement de roue a été un bon échauffement !
Sébastien et JP nous avaient prévenus que l'entrée de la cavité commençait par une restriction pour le moins restreinte… d'où l'utilisation du Sidemount qui facilite le passage. Il a fallu effectivement bien vider les poumons pour passer, mais rien comparé à l'aventure de notre collègue Pierre, qui resta bloqué avec son bi 12 L dorsal… sacrée aventure pour lui, qui dut se faire débloquer par notre encadrant préféré…
La cavité est belle, large et accueillante. Du moins pour sa première partie... Vers les 160 m de progression, nous sortons la tête de l'eau dans un "petit" inter-siphon bien rempli. D'autres plongeurs recycleux belges et hollandais nous passent entre les jambes, direction la sortie pour eux. Sébastien nous demande de garder notre détendeur en bouche pour ne pas risquer de respirer de l'air vicié. Il tente de nous expliquer la géologie de la cavité, mais détendeur en bouche, je ne comprends pas grand-chose…

Nous repartons pour le siphon 2, qui contrairement au premier, est moins accueillant. Sa forme ne permet pas vraiment de dépassement, du coup dès que possible je dis à mon binôme Brian de passer devant pour qu'il en profite aussi !
Le siphon 2 est plus "taillé" que le premier. De grosses arêtes nous permettent de nous tracter avec les mains sans quasiment utiliser nos palmes, un bonheur ! Après 10 minutes dans le siphon 2, nous arrivons à un petit puits d'environ 5 mètres de profondeur, assez impressionnant pour des débutants comme nous. Brian me demande si l'on descend, ce à quoi je réponds oui avec grande motivation.
Arrivé au fond du puits, Brian nous dit que ses oreilles commencent à avoir du mal à passer, ce qui signe pour nous trois un retour à la sortie. Superbe journée, une visibilité encore hasardeuse, mais le plaisir d'y être nous le fait oublier.
Jour 3 - Oeil de la Dou avec Sébastien
Ce dernier jour est marqué par un début en "OFF ROAD", comme disent nos amis anglo-saxons, car le Duster est encore une fois soumis aux aléas des chemins boueux et caillouteux, mais JP est réconfortant, car selon lui, les lois statistiques sont de notre côté : "deux pneus en deux jours, c'est fortement improbable". Ce qui caractérise la plongée d'aujourd'hui est une "petite" marche d'approche de 800 m (environ) avant d'arriver à la vasque.
Sûr de moi sur ma condition physique, je me rends compte que l'effort, avec tout le matériel sur le dos, est tout de même assez intense, et qu'après la plongée, il faudra tout refaire dans l'autre sens...
L'entrée de la cavité se fait par une petite restriction sans grand challenge comparé à celle d'hier. Avec mon binôme Pierre, la progression est fluide, la communication sereine, tout roule !
Après 160 m environ, nous sortons la tête de l'eau pour découvrir une salle post-siphon assez grande et haute de plafond. Nous déposons nos blocs et nos palmes pour progresser avec Pierre dans un petit canyon avec un peu de courant pendant que la deuxième équipe sort de l'eau à son tour.
Nous marchons pendant peut-être 10 minutes avant de rencontrer le début du siphon 2. On se fait alors la promesse, face caméra, d'y revenir pour y plonger !

C'est en approchant de la sortie que mon binôme Pierre me dépasse. Je le regarde s'éloigner de moi dans cette fenêtre verte de lumière extérieure qui lui permet de rejoindre la surface. Toute l'équipe sort, nous sommes seuls dans cette forêt, loin de tout, et nous apprécions ce moment, car c'était le dernier de ce superbe stage. JP nous débriefe pendant le déjeuner : il est fier de notre progression et a particulièrement apprécié la dynamique du groupe. Sébastien nous félicite pour les compétences acquises. Nous sortons les voitures de la boue pour ensuite tous nous saluer avec la promesse de refaire ce genre de week-end.